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L'INDUSTRIE DES MÉTIERS D'ART AU QUÉBEC
par Claudine Auger et Laurent Lapierre

Salon des Métiers d'art

BUDGET, MARKETING ET TENDANCES

 

Le Salon des métiers d’art s’autofinance entièrement: son budget d’environ un million de dollars provient à 95 % de la location des espaces-stands aux artisans, les exposants déboursant quarante dollars le pied carré pour les 17 ou 18 jours de l’événement. Selon les données du directeur général du CMA, également directeur du Salon des métiers d’art, l’événement annuel génère des ventes directes d’environ 7,5 millions de dollars  et on évalue à 22 millions de dollars les retombées économiques. Depuis environ 15 ans, entre 325 et 450 exposants participent au Salon chaque année.

 

Le Salon, qui débute toujours le premier jeudi de décembre et se termine le dernier dimanche avant Noël, soit une durée de 17 à 18 jours sauf exception, accueille maintenant près de 200 000 visiteurs annuellement. Yvan Gauthier préfère parler de 11 000 visiteurs quotidiens puisque la durée du Salon est variable: « En 2002 et 2003, nous avons eu des journées de 20 000 visiteurs, des pointes d’achalandage que nous n’avions pas connues depuis vingt ans. »

 

Si, selon son directeur, le Salon est sur une bonne voie, il espère en solidifier la progression avec certains objectifs, dont l’augmentation des ventes, ce qui implique un plus grand nombre d’artisans et une plus grande variété d’oeuvres. Un pari que les artisans ont accepté de tenir, malgré le risque de devoir partager ces ventes avec un plus grand nombre de joueurs. Le Salon est donc ouvert depuis peu aux artisans de la mode et à ceux des saveurs.

 

Les dépenses des consommateurs ayant sensiblement augmenté, l’objectif est d’atteindre une augmentation de 20 % d’ici les trois prochaines années: 20 % d’augmentation des ventes, 20 % d’augmentation de la fréquentation et 20 % d’augmentation d’exposants.

 

Depuis les dernières années, Yvan Gauthier et son équipe ont observé une tendance réelle auprès des consommateurs : les objets et les produits de qualité sont de plus en plus recherchés, reflétant un retour à la production artisanale de qualité (par exemple, les fromages et autres produits alimentaires). Cette tendance, sur laquelle ils ont décidé de miser, s’associe à un discours politique : se procurer des produits artisanaux de qualité, qui proposent une différence majeure avec ceux offerts dans les grandes surfaces commerciales, des produits qui respectent également une philosophie écologique : « Lors du prochain Salon, nous sensibiliserons énormément les gens à ce ‘cadeau éthique’, tendance contemporaine qui correspond tout à fait à la réalité des métiers d’art. Pour les artisans, il faut profiter de ce momentum et enfin dépasser l’image granola sans pourtant se coller à une image de luxe et d’inaccessible. »

 

Dans la foulée de cette réflexion stratégique, l’équipe du Salon des métiers d’art déploie plusieurs mesures de commercialisation. La stratégie publicitaire de 2000 [1] a gardé le cap des années précédentes, sauf par la suppression des panneaux-métro, qui ont été remplacés par des panneaux sur les autoroutes et aux entrées des ponts. À la télévision, la station Musimax a diffusé plusieurs messages. La campagne s’alignait sur celle de l’année précédente avec le thème « Métiers d’art de vivre », dont le contenu proposait des images des objets et des artisans créateurs. Plusieurs autres mesures ont été prises, dont l’envoi d’une publicité dans le journal de l’Association québécoise des éducatrices et éducateurs spécialisés en arts plastiques. L’équipe déploie aussi de grandes énergies dans la recherche de commandites.

 

Chaque année, la direction du Salon travaille avec une agence de relations de presse qui  propose un porte-parole. Pour elle, le porte-parole sert fondamentalement à une chose: attirer le regard des médias sur le Salon. La personne choisie doit offrir une visibilité que le Salon n’aurait pas atteinte par ses propres moyens. Au cours des dernières années, le Salon a pu compter sur les artistes Marina Orsini, Ginette Reno, Luc de Larochellière, Germain Houde, Pierre Curzi, Geneviève Rioux, Jean-Guy Moreau et le mannequin-auteur Audrey Benoît. Pour 2000, on recherchait un porte-parole qui rejoigne aussi une clientèle jeunesse. 

 

De plus, l’équipe du Salon des métiers d’art donne une conférence de presse de lancement où elle dévoile les thèmes de la campagne, présente son porte-parole en plus de certains artisans et sert un goûter. Selon elle, cette conférence a de bonnes répercussions médiatiques.

 

 

Enfin, la direction a, depuis quelques années, effectué des sondages sur la provenance des visiteurs et leurs motivations, mesuré les coûts-bénéfices de l’événement et en a évalué les retombées économiques.

 


[1] Ces informations sont tirées du Rapport d’activités du Salon des Métiers d’art de Québec, produit par le Conseil des Métiers d’art, Édition 2000.