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L'INDUSTRIE DES MÉTIERS D'ART AU QUÉBEC par Claudine Auger et Laurent Lapierre
Conseil des métiers d'arts : histoire
PARTIE 1


| C’est en 1949 que naît la première corporation d’artisans professionnels québécois, l’Association professionnelle des artisans du Québec, grâce à Jean-Marie Gauvreau (photo), dont la contribution dans le milieu des métiers d’art reste légendaire. Les artisans américains ont déjà ce genre d’organisme depuis 1943. Avant cette date, plusieurs associations d’artisans ont vu le jour, notamment la Canadian Handycraft Guild créée en 1904, et diverses associations de potiers, surtout dans le milieu anglophone, même si aucune n’avait réellement réussi à se hisser au statut d’organisme national ne regroupant que des professionnels [1] .
Après la mise sur pied de la Centrale d’artisanat du Québec, en 1950, qui deviendra le principal fournisseur d’objets de métiers d’art à Montréal et aux boutiques sur le territoire du Québec, l’association organise cinq ans après sa fondation le premier Salon des métiers d’art du Québec, à Montréal. |
Après la mise sur pied de la Centrale d’artisanat du Québec, en 1950, qui deviendra le principal fournisseur d’objets de métiers d’art à Montréal et aux boutiques sur le territoire du Québec, l’association organise cinq ans après sa fondation le premier Salon des métiers d’art du Québec, à Montréal. Son dynamisme sera freiné à la fin de la décennie suivante, décennie qui pourtant avait permis de mettre sur pied nombre d’activités d’exposition et de collaboration avec la Centrale de l’artisanat du Québec, alors que tout le secteur des métiers d’art est affecté par la réforme majeure du système d’éducation, qui a mené à l’abolition des écoles spécialisées, dont l’Institut des arts appliqués, l’Institut des arts graphiques et l’École des Beaux-Arts.
Les années 1970 sont témoins d’un formidable mouvement de « régionalisation » des organisations d’artisans pratiquant leur art comme travailleurs autonomes principalement, mouvement stimulé et soutenu par la nouvelle popularité de l’artisanat au Québec: c’est un engouement sans précédent envers l’identité culturelle, le terroir, le retour aux sources. En 1970, l’Association professionnelle des artisans du Québec s’ajuste et est renommée Métiers d’art du Québec et se concentre davantage à Montréal. Dans le même élan, plusieurs corporations régionales d’artisans voient le jour, dont la Corporation des artisans professionnels de Québec, mais nombre d’entre elles devront fermer leurs portes quelques années plus tard, affaiblies par la récession des années 1980, l’arrivée massive d’importations de produits d’artisans étrangers et d’objets provenant de pays en voie de développement, entre autres.
À la fin des années 1980, certaines mesures seront prises pour appuyer le travail des artisans: en 1984, par exemple, est adopté le Plan national de formation, qui permettra la mise sur pied d’un réseau collégial de formation, «Techniques des métiers d’art». À la même époque, la Corporation des artisans de Québec et Métiers d’art du Québec décident de fusionner afin de former un conseil unique des métiers d’art assez fort pour assurer des services de base aux artisans membres. On vise également le développement d’une société spécialisée dans la vente en gros de produits métiers d’art, la SOMART (Société de mise en marché des métiers d’art). C’est la naissance officielle du Conseil des métiers d’art, le 14 mars 1989, seule association nationale mandatée pour représenter les artisans professionnels du Québec. Les premières années seront particulièrement pénibles, la survie même de l’organisation exigeant toute l’énergie et l’attention du conseil d’administration.
[1] Ce bref historique du Conseil des Métiers d’art a été largement inspiré du Rapport d’activités du Conseil des Métiers d’art du Québec, avril 2000 à mars 2001. 
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